ACT2e

ACTions Etudiantes pour le commerce Equitable

Coton et textile équitable PDF Imprimer Envoyer

Le thème des concours 2010

La filière de production et de transformation du coton est une des plus désastreuses en terme d’impact social, environnemental et économique. Des millions de petits producteurs et d’artisans souffrent des conséquences de l’agriculture et de l’industrie capitaliste dominante. La culture du coton est une des plus polluantes. Le prix de cette matière première agricole fluctue constamment, faussé de surcroît par le jeu des subventions. Les conditions de travail des ouvriers textiles sont déplorables et les artisans trouvent très peu de débouchés pour leurs produits.

Le commerce équitable entend redonner dignité aux producteurs de coton et artisans textile en leur permettant d’accéder à des débouchés rémunérateurs. Il est garant du maintien d’une agriculture familiale et d’un artisanat dans le respect de l’Homme et de son environnement.

La filière du coton : de sa production à sa transformation

Le coton fait partie de notre quotidien, pour l’habillement certes, mais aussi dans l’alimentaire, la pharmacie, l’industrie (textile, ameublement, automobile), comme combustible, bio-carburant et même dans les billets de banque !

L’histoire de cette matière première est longue et complexe, tout comme son parcours de sa production à sa transformation.

La filière du coton, qui représente une manne économique et des centaines de millions d’emplois pour de nombreux pays, au Sud comme au Nord, est aussi une des plus désastreuses en terme d’impact environnemental, social et économique, particulièrement pour les pays du Sud de la planète.

La production du coton représente 2,5% surface cultivée de la planète et annuellement 23,5 millions de tonnes. On observe une concurrence tout à fait déloyale entre d’un côté les petits producteurs qui récoltent à la main sur des surfaces de 1 à 5 hectares dans le cadre d’une agriculture familiale ; et les grandes plantations de plusieurs milliers d’hectares appartenant à de grands propriétaires et dont la récolte est mécanisée. Comble de l’ironie, ce sont les grands producteurs de l’agriculture capitaliste qui sont le plus aidés par leurs gouvernements. Ces subventions conduisent à une surproduction de coton et à une chute des cours avant tout préjudiciable aux pays en développement producteurs de coton : tant pour les producteurs obligés de vendre en dessous de leur coût de production que pour le financement de services publics, dans la mesure où les exportations de coton constituent des recettes importantes pour ces pays.

Quelques chiffres :

- Une ferme US reçoit 144 000 $ USD de subventions/an ; soit 378 fois le PIB/habitant/an au Bénin !

- Les subventions de soutien à l’agriculture représentent 1 milliard de dollars par jour. L’aide au développement représente elle 1 milliard de dollars par an

- Un « cotton picker » récolte 800 kilos/heure ; un cueilleur entre 50 et 80 kg/jour !

- Les coûts de production à l’hectare sont de moins d'une centaine de dollars en Afrique… ils sont de 4 000 $ USD en Israël !

La production de coton est aussi la plus polluante du monde lorsqu’elle est pratiquée de manière intensive ou extensive. Lorsqu’un petit producteur africain utilise l’eau de pluie, les grandes exploitations détournent les rivières et vident les mers pour assouvir leur fort besoin en irrigation, comme en témoigne le triste exemple de la disparition de la mer d’Aral en Asie centrale. La culture du coton consomme 22% des pesticides mondiaux. C’est aussi la 3ème culture en OGM : 70% du coton américain provient de plants génétiquement modifiés.

La Chine, les Etats-Unis, l’Inde et le Pakistan représentent les 2/3 de la production et de la consommation mondiale. L’Afrique de l’Ouest est le 6ème producteur mais le 2ème exportateur mondial après les USA. Le marché du coton représente annuellement 342 milliards $ USD. Pourtant, la part qui revient au producteur du coton sur le prix final d’un produit textile ne représente que 3 à 4 % du prix final. Le cours mondial du coton en bourse est extrêmement volatile et cyclique, lié au jeu de l’offre et de la demande.

Le commerce du coton est un des plus anciens de l’humanité, trouvant son origine dans la tragédie humaine de l’esclavage. On observe une dispersion géographique impressionnante entre les zones de production et de transformation. Un T-shirt peut faire plusieurs fois le tour de la terre avant d’être mise en vente !

La transformation du coton est une des plus symptomatiques du passage d’une activité artisanale à une activité industrielle, de plus en plus mécanisée et polluante en utilisant beaucoup d’intrants chimiques et peu de main d’œuvre. L’industrie textile est une des plus décriées en termes de non respect des conventions internationales du droit du travail. Salaires de misères, conditions de travail déplorables, esclavage, travail des enfants, interdiction des syndicats, heures supplémentaires non rémunérées, etc.. sont le lot de nombreuses usines de transformation textile.

Les enjeux du coton et de l’artisanat textile équitables

Aux côtés d’organisations de défense de l’environnement ou des droits de l’Homme, les organisations de commerce équitable dénoncent ces pratiques et proposent des alternatives alliant justice sociale, rentabilité économique et respect de l’environnement, pour répondre aux enjeux majeurs auxquels est confronté le secteur cotonnier.

La production de coton dans le commerce équitable donne la possibilité aux petits producteurs agricoles, aujourd’hui essentiellement situés dans la zone Afrique de l’Ouest et Inde, de trouver des débouchés rémunérateurs à leur production qui respecte à la fois l’homme et son environnement. Rassemblés en organisations démocratiques, ils gèrent collectivement leur production et la commercialisation de leurs produits. Leurs négociations commerciales sont basées sur un prix juste, directement versé aux producteurs.

La production équitable du coton se base sur l’agriculture familiale et des modes de production et de récolte qui sont naturellement respectueux de l’environnement et de la santé des producteurs. 100% de la filière coton certifiée par FLO (label Max Havelaar) est non OGM et proscrit de sa culture une centaine de produits chimiques. 20% est certifiée en agriculture biologique, et le reste des producteurs sont incités à s’y convertir.

L’artisanat textile dans le commerce équitable donne la possibilité aux artisans des pays du Sud de trouver des débouchés rémunérateurs pour leurs produits, confectionnés manuellement selon un savoir-faire traditionnel (tissage, teintures végétales…). L’artisanat, créateur d’emploi notamment en zone rurale, évite l’exode rural et apporte souvent un complément de revenu aux familles.

Les enjeux dans le cadre du commerce équitable sont ainsi d’instaurer une équité tout au long de la filière. Il s’agit d’une part que le coton équitable soit transformé par des artisans et des entreprises socialement responsables, ce qui signifie entre autre développer la transformation locale (filature, tissage, confection) au sein des organisations de producteurs d’Afrique. Certains certificateurs comme FLO-Cert effectuent déjà un contrôle de tous les acteurs qui achètent transforment et revendent le coton, afin de s’assurer de la traçabilité et du respect de l’étique sociale. Il s’agit d’autre part de rendre accessible aux artisans du commerce équitable le coton issu de filière de commerce équitable, et de l’agriculture biologique.

Le commerce équitable donne ainsi aux producteurs et artisans liés de la filière du coton, les moyens de répondre à leurs besoins et de vivre dignement de leur travail. C’est la garantie pour le consommateur d’un produit de haute qualité sociale et environnementale, et pour le citoyen de participer à la construction d’un monde plus juste.

Bibliographie

Ouvrages:

« Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation » d’Erik Orsenna, Editions Fayard 2006

« Coton, des vies sur le fil » Stéphane Parmentier et Olivier Bailly, Oxfam Magasins du Monde, 2005

Outils pédagogiques et de sensibilisation :

« La route du coton » : jeu pédagogique Fédération Artisans du Monde www.artisansdumonde.org

« Le jeu du NOTOC » : animation pédagogique VSF-CICDA à télécharger sur www.avsf.org

« Commerce équitable, quel coton filer ? » : exposition en 7 panneaux Equisol www.educationequitable.com

En ligne :

Fairtrade Cotton in Cameroon(How the Fairtrade premium is changing lives for cotton farmers in Cameroon.) http://www.youtube.com/watch?v=zufkw6xiskE

 
Joomla 1.5 Templates by Joomlashack